mercredi 28 avril 2021

Alien : Covenant (2017)








Ouf ! Avec ce film on retrouve l’ADN de la franchise. Focalisé sur le mythe de la création, qui n’est pas sans rappeler son « Blade Runner », Ridley Scott a tout de même fait des concessions aux fans d’« Alien ». Ainsi, on retrouve la créature sous toutes ses formes et même de nouvelles dans des scènes particulièrement sanglantes. Pour autant, le film n’abandonne pas la réflexion, confusément amenée dans « Prometheus », mais ici beaucoup plus claire en nous dévoilant l’origine du Xénomorphe ; même s’il reste beaucoup d’interrogations voire d’incohérences (l’origine du fluide noire, les « ingénieurs »…). La relation homme/machine dans la scène d’ouverture très épurée et celle de l’androïde qui apprend à son double à jouer de la flûte interpellent et font réfléchir. Il y a un peu des premiers « Alien » et de « Prometheus » dans ce film qui a le mérite d’être bien plus qu’une simple suite. Même si certains passages, notamment au début dans le vaisseau spatial, n’évitent pas le déjà-vu. On peut aussi regretter un certain laisser-aller en matière de réalisme comme le non-port du casque d'astronaute sur une planète inconnue… Par ailleurs, l’interprétation n’a rien de marquante excepté la performance troublante de Michael Fassbender. Mais je pardonne ces défauts rien que pour la naissance d’un vrai « méchant » et le twist final bienvenu.

Ma note : 8/10

vendredi 26 mars 2021

Rollerball (1975)


Plus kitsch, tu meurs ! Bien que peu nombreuses, les scènes du jeu sont suffisamment longues sans pour autant être redondantes. Leur violence va crescendo pour finir par un massacre. Si ces scènes ont vieillies comme tout le film, elles conservent pour moi un certain charme. Je ne peux pas en dire autant pour le reste. Si le sujet est intéressant, il est ici maladroitement amené. Le but du réalisateur n’est pas clair. Trop souvent le ridicule côtoie l’ennui (la soirée orgiastique à l’occasion de la rétrospective sur la carrière sportive du champion, le scientifique et l’ordinateur garant de la mémoire de l’humanité, le retour de l’amour du héros, etc.). Il y a pourtant de bonnes idées comme les tirs au pistolet assez impressionnants contre les arbres par des convives éméchés ou encore la perte de la mémoire de tout le XIIIème siècle... Sinon, il est regrettable que la voix de l’acteur principal soit si atone (à cause du doublage ?). En tout cas c’est un film qui ne laisse pas indifférent et qui se distingue du lot aussi bien grâce à ses atouts qu’à cause de ses défauts.

Ma note : 6/10

dimanche 10 janvier 2021

Soul (2020)

 





On sent que Pixar s’est creusé la tête pour proposer quelque chose d’original. Il est vrai que c’est de moins en moins facile. Si visuellement il n’y a rien à redire : j’aime par exemple les personnages, genre « Les Shadoks », au graphisme simple, uniquement au trait ; l’histoire me paraît un peu trop compliquée et tirée par les cheveux. Pourtant, je n'ai pas un esprit particulièrement cartésien. Les enfants risquent de ne rien comprendre. Moi-même, je ne saisis pas vraiment la morale de l’histoire : renoncer à nos rêves et se satisfaire des petits plaisirs de la vie, de l’instant présent ? Quel étrange message pour un Pixar ! De plus, le fait d'associer le jazz à un sujet aussi fantasmagorique ne me semble pas très judicieux. Dans le même genre, « Vice-versa » était plus accessible. Il faut dire aussi que je suis beaucoup moins friand des films d’animation en images de synthèse que par le passé.

Ma note : 6/10

mercredi 30 décembre 2020

Under the skin (2014)







Sur le papier, ce film correspond à tout ce que j'aime. Il aborde un sujet classique de la SF sous un angle original, en utilisant par moments des images abstraites et intrigantes qu'on croirait sorties de chez Stanley Kubrick, mais aussi en amplifiant les sons jusqu'à en devenir perturbant. Plusieurs passages du film sont marquants voire choquants : les hommes nus qui s'enfoncent dans un liquide noire, l'homme à la peau vidée de son contenu dans l'élément liquide, la violence soudaine du personnage incarné par Scarlett Johansson sur une plage, le bambin en pleurs abandonné seul sur la plage après la mort de ses parents alors que la marée montante va l'emporter, la fascination tout autant que la répulsion que suscitent la véritable apparence de l'alien qui perd son enveloppe humaine à la fin du film, etc. Hélas, je me suis ennuyé la plupart du temps devant des scènes interminables, d'une lenteur exagérée, répétitives, sans paroles, par exemple en suivant longuement Scarlett Johansson au volant d'une camionnette, ses échanges sans suite avec des inconnus excepté sa rencontre intéressante avec un handicapé... Enfin visuellement, le film n'a rien d'attirant (photographie sombre des paysages d'Écosse, cadrage approximatif) à l'exception des passages oniriques avec la gent masculine dont j'ai déjà parlé plus haut. Bref, c'est un film qui vaut pour quelques scènes mais dans l'ensemble que l'on ne prend pas grand plaisir à regarder.

Ma note : 5/10

mercredi 9 décembre 2020

Zoombies (2016)









Franchement, je trouve les critiques bien sévères envers cette petite série Z. Malgré ses défauts manifestes, elle a le mérite d’oser sans peur du ridicule. Nulle part ailleurs on a vu des singes zombies, des girafes zombies (!), un koala zombie (!!), des perruches zombies (!!!), etc. Les scènes sanglantes, bien qu’imparfaitement réalisées, sont présentes : yeux arrachés par un singe, tête écrasée par un gorille, corps écartelé par des girafes, nidification d’un aigle dans les entrailles d’une femme, etc. Alors oui, la plupart des effets spéciaux sont ratés, telle l’incrustation grossière des images de synthèse d’éléphants ou de lions dans le film. Mais si ça pique les yeux, ça a le mérite de faire sourire. Tout comme les invraisemblances et les faux raccords, par exemple le plan des lions tout près des protagonistes suivi d’un plan sur l’accélérateur d’une voiture puis de tout le petit monde à l’intérieur et… des lions distancés comme par miracle ! Ce qui est plus gênant, ce sont les acteurs (filmés trop souvent en gros plans) mauvais voire insupportables (le stagiaire des oiseaux complétement excité) ou têtes à claques (notamment la gamine). Mais à aucun moment je ne me suis ennuyé. J’ai même trouvé un côté jouissif à ce film. Dommage qu’il passe à côté d’une conclusion surprenante et terrifiante qu’aurait été la contamination d’un des survivants.

Ma note : 6/10

samedi 22 août 2020

The walking dead (2010)

The Walking Dead

Je précise que ma note ne concerne que la première saison de la série. Après avoir survolé les saisons suivantes, il me semble que les situations se répètent (les guerres entre communautés), les épisodes s’étirent et donc la tension en pâtit, sans oublier le vide causé par la disparition de personnages emblématiques de la série… Mais quel choc que les premiers épisodes : du jamais vu dans le gore à la télévision ! Les maquillages des zombies sont réalistes, et même plus réussis que dans les premiers films cultes de G.A. Romero (« La nuit des morts-vivants », « Zombie »). Il y a beaucoup d’idées inédites, marquantes voire émouvantes comme le réveil du héros à l’hôpital « après la bataille », la rencontre avec les premiers zombies, celle avec le père et son fils barricadés dans leur maison autour de laquelle la mère de famille devenue une morte-vivante erre par habitude, le dilemme du père qui ne peut se résoudre à tuer sa femme à la carabine comme les autres morts-vivants, l’arrivée du héros à Atlanta et la scène au coin de la rue, le char servant de refuge… Cette première saison égalise voire surpasse par moments en qualité les meilleurs films du genre, un exploit pour une série TV.

Ma note : 9/10

mercredi 12 août 2020

Circle (2015)

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Dans la lignée des films « Cube » et « La plateforme », ce « Circle » met en scène des personnes qui ne se connaissent pas, enfermées dans un piège mortel. Plus précisément, là, nous sommes en présence d’une sorte de compétition genre « Le maillon faible » mais sans Laurence Boccolini et aux conséquences plus radicales. Les réalisateurs réussissent l’exploit de nous tenir en haleine jusqu’au bout avec une réalisation extrêmement minimaliste excepté dans les dernières secondes du film (un seul décor et une caméra qui fait le tour des participants). Toutes les formes de discrimination sont abordées : âge, couleur de peau, situation socio-professionnelle, homosexualité, handicap… Mais là où le film fait preuve d’une relative subtilité, c’est que ces caractéristiques ne déterminent pas toujours la vie ou la mort de la personne ciblée. On assiste à un jeu de pouvoir entre dominants et dominés, minorité active et majorité silencieuse. La fin est très cruelle. Dans les derniers plans à l’air libre, j’ai cru comprendre que notre survivant rejoint des « gagnants » d’autres groupes. On y trouve, comme cela est prévisible, des enfants et des femmes enceintes mais aussi notre manipulateur. Les limites du film sont : son minimalisme formel (encore plus que pour les films cités plus haut), son manque de suspense quant à l’origine de la situation (extraterrestre), et ses dernières secondes trop démonstratives.

Ma note : 8/10