dimanche 7 décembre 2014

Sixième sens (2000)

Sixième Sens

Avec ce premier film, Night Shyamalan impose son style, à savoir une approche réaliste et intelligente du fantastique. Sa façon d’aborder le surnaturel apporte un nouveau souffle au genre. Night Shyamalan sait jouer avec nos émotions comme cette fillette morte qui montre son empoisonnement par sa mère dans une cassette vidéo transmise à son père…  Le succès du film doit beaucoup à son twist final surprenant.  Il s’agit d’ailleurs d’une technique scénaristique que le réalisateur affectionne et qui lui réussit bien. Sinon, le jeune Haley Joel Osment et Bruce Willis dans un rôle à contre-emploi, sont remarquables tout au long du film. La BO est également de qualité. Malgré tout, « Sixième sens » n’est pas l’œuvre que je préfère du réalisateur. Peut-être à cause de sa lenteur exagérée (la découverte du secret du gamin longue à venir) et de son côté morbide peu engageant (les apparitions des personnes mortes). Mais cela n’enlève rien à la qualité intrinsèque du film. C’est plutôt rare qu’une histoire de fantômes fasse autant travailler nos neurones et soit aussi crédible.

Ma note : 7/10

samedi 6 décembre 2014

Le village (2004)




Une petite communauté isolée vit sous la menace constante de créatures monstrueuses qui hantent la forêt, dissuadant les villageois de s’y rendre. Une fois de plus, Night Shyamalan nous mène par le bout du nez grâce à un scénario très malin. Contrairement à ce que peut laisser présager le sujet, « Le village » ne se limite pas à un simple film d’horreur. Rapidement, les questions se bousculent au portillon : Qui sont « Ceux dont on ne parle pas » ? ; Pourquoi le rouge est-il « la mauvaise couleur » ? ; Pourquoi la ville au-delà de la forêt est-elle crainte ? ; Quel secret cache le conseil des Sages ? ; Que contiennent leurs coffres ?... Résultat, il est quasiment impossible de lâcher le film avant la fin. C’est d’ailleurs une constante chez le réalisateur. Dans de beaux paysages de Pennsylvanie, on découvre le mode de vie des villageois guidés par leurs croyances et leurs peurs. L’atmosphère est tellement pesante que l’on frissonne pour un rien. Car le réalisateur préfère suggérer (hurlements, silhouettes…) que montrer. En jouant sans cesse entre la superstition et la réalité, Night Shyamalan remet en cause nos certitudes au détour d’une scène, sans prévenir (révélations passées, démystification). En compagnie d’une jeune aveugle partie au-delà de la forêt pour chercher un remède, seul moyen de sauver son amoureux, le spectateur découvre médusé la vérité. Un dénouement tout en finesse car on ne voit pas vraiment la ville. Mais en un plan (la signalétique d’une voiture), on comprend tout. Toutes les hypothèses que j’avais imaginées pendant le film s’écroulent (catastrophe post-apocalyptique, extraterrestres etc.). A la fin, le réalisateur se permet même une dernière pirouette scénaristique. Car la jeune aveugle revient parmi les siens en confirmant innocemment la légende imaginée par les Sages. Tout le talent de Night Shyamalan est là. « Le village » est probablement le film le plus accessible du réalisateur et l’un de mes préférés.

Ma note : 9/10

mardi 11 novembre 2014

L'Imaginarium du Docteur Parnassus (2009)

L'Imaginarium du Docteur Parnassus

Sous ses airs de charlatan alcoolique, le Docteur Parnassus a le pouvoir d’amener les gens dans leur propre univers imaginaire. Mais il va devoir payer ce don qu’il a reçu du Diable en personne. Terry Gilliam nous ballade à bord d’un théâtre ambulant entre réalité en haillons et mondes imaginaires délirants. Ce jeu du chat et de la souris entre le Diable (un homme en costume noir coiffé d’un chapeau melon) et le Docteur Parnassus (accompagné de sa troupe de saltimbanques) s’avère difficile à suivre même pour les moins cartésiens d’entre nous. Immortalité, jeunesse retrouvée, paris truqués (« Merde, j’ai gagné » dixit le Diable), c'est bien beau tout ça mais le scénario tarabiscoté plombe littéralement le film. Les délires visuels du réalisateur, parfois monumentaux, impressionnent lorsqu’ils ne rebutent pas le spectateur par leur laideur. En effet, la qualité des images de synthèse est très inégale. A l’image de l’œuvre de Terry Gilliam, souvent incomprise, ce film ambitieux est inutilement abscons.

Ma note : 4/10

mercredi 5 novembre 2014

Planète 51 (2009)

Planète 51


Ce film européen en images de synthèse est plutôt une bonne surprise. Il rend hommage aux films de SF de la grande époque sur le thème de l’invasion de notre planète par des extraterrestres. Sauf qu’il inverse les rôles. Ici, ce sont nous les aliens aux yeux des habitants de la Planète 51 ! Ces derniers sont verts ; ils ont huit doigts et deux antennes ; il pleut des cailloux ; les voitures volent et le film d’horreur « L’Attaque de l’humain » cartonne. Le contexte est donc amusant dès le départ. En plus, le film est bourré de références destinées aux amateurs du genre (le chien ressemblant à l’alien de Ridley Scott qui urine un liquide acide...). Evidemment, comme dans toute bonne série B de SF, on retrouve les habitants adeptes d’un accueil pacifique face aux militaires belliqueux à l’égard de l’étranger. Les classiques « L’invasion des profanateurs de sépultures », « L’Attaque de la femme de 50 pieds », etc. sont directement cités. Les graphismes sont mignons et l’animation fluide. Par contre, l'approche trop enfantine de la part des réalisateurs est vraiment regrettable. Du coup, le film manque de mordant.

Ma note : 6/10

Qui veut la peau de Roger Rabbit ? (1988)

Qui veut la peau de Roger Rabbit ?


A la fin des années 80, Robert Zemeckis a voulu remettre au goût du jour le mélange film live/dessin animé. Procédé qui a fait le succès de certaines productions Disney. Cependant, son approche se veut plus adulte (ici pas de féerie mais une sombre histoire d’adultère, de meurtre, de destruction des Toons et de leur ville !). Malgré des difficultés pour entrer dans l’histoire, j’ai beaucoup aimé le générique cartoonesque d’anthologie, Bob Hoskins en détective privé qui (au départ) ne porte pas les Toons dans son cœur, la sublime femme du lapin (à tomber !), les personnages (et les accessoires) de dessins animés venus aussi bien de chez Disney que de chez Tex Avery, le juge et sa dangereuse « Trempette », les méchantes fouines, les révélations finales… Le lapin, lui, m’a légèrement agacé par son côté foufou. Mais ce film n’en demeure pas moins une curiosité unique en son genre, à voir ou à revoir.

Ma note : 8/10

mercredi 29 octobre 2014

Invasion (2007)

Invasion



Ce énième film d’invasion extraterrestre ne fait que remettre au goût du jour la série « Les Envahisseurs » ou le film « L’invasion des profanateurs de sépultures ». Cependant, j’ai retrouvé avec plaisir la toujours élégante Nicole Kidman. La relative lenteur du début du film fait craindre le pire. Le subterfuge pour échapper aux aliens en imitant leur rigidité paraît un peu ridicule mais on s’y fait. De même, les plans gore sur les transformations entre deux scènes classiques surprennent. Malgré un scénario téléphoné, de grosses ficelles, un côté tape-à-l’œil, la froideur exagérée des contaminés, la rapidité de l’invasion, je me suis laissé prendre par la paranoïa ambiante. En encrant son film dans les années 2000, le réalisateur sème le doute dans la volonté de résistance de l’héroïne. En effet, les envahisseurs font miroiter un monde sans violence, sans meurtre et sans guerre (l’intervention américaine en Irak est pointée du doigt à travers des flashs d’actualité). Plus spectaculaire, la seconde moitié d’« Invasion » rappelle les meilleurs films de zombies (lutter contre l’endormissement dans des lieux dévastés et à l’abandon, la mère et le fils fuyant une horde d’envahisseurs etc.). Dans l’ensemble, j’ai bien aimé ce film au final assez flippant.

Ma note : 8/10

jeudi 2 octobre 2014

La dernière vague (1977)

La Derniere Vague

Avant de partir réaliser ses films aux USA (« Witness », « Le cercle des poètes disparus », « The Truman Show », « Master and Commander »…), l’australien Peter Weir a commencé sa carrière dans son pays d’origine en signant, entre autres, « La dernière vague ». Il y a une trentaine d’années, ce thriller fantastique m’avait profondément ennuyé. Je viens de le revoir à l’occasion de sa rediffusion sur la chaîne Arte. La qualité de l’interprétation (Richard Chamberlain, acteur aujourd’hui oublié, entouré de vrais aborigènes d’Australie), l’originalité du scénario (meurtre sur fond de rêves prémonitoires et de légendes locales annonciatrices d’apocalypse), les phénomènes météorologiques inquiétants (orage sous un ciel bleu, grêlons énormes en plein désert, pluie noire…), les sons gutturaux signes avant-coureurs de magie aborigène et les visions (comme celle de l’avocat dans sa voiture, l’eau débordant de son autoradio, qui voit les habitants de la ville de Sydney submergés par l’élément liquide) ne suffisent pas à faire oublier l’absence totale de rythme et les dialogues insipides (problème de doublage ?). Le résultat est soporifique au possible.

Ma note : 2/10