« Edge of tomorrow » se distingue des autres films de guerre extraterrestre par son intrigue spatio-temporelle. Le scénario est construit comme ces jeux vidéo dans lesquels le joueur est obligé de tout reprendre depuis le début après chaque « Game Over ». Comme le personnage de Bill Murray dans « Un jour sans fin », Tom Cruise revit sans cesse la même journée, ici, une version futuriste du D-Day. Les plages françaises sont une fois de plus le théâtre d’un débarquement. Mais ce sont des soldats US équipés d’exosquelettes qui tentent de mettre un terme à l’invasion de répugnants aliens. Pour une fois, Tom Cruise incarne un personnage peu sûr de lui voire trouillard. Chaque recommencement l’entraîne toujours plus loin, ce qui lui permet de s’améliorer. Comme dans les jeux de plateforme, les protagonistes (Tom Cruise rejoint Emily Blunt une combattante émérite) sont parfois confrontés à des impasses. Le personnage principal doit alors mourir pour « renaître » et tout recommencer en évitant ses erreurs passées. De par son sujet, les inévitables redondances sont heureusement bien filmées sans que la lassitude ne gagne le spectateur. A l’occasion, l’acteur fait preuve d’un humour bienvenu. Sinon, les combats sont du niveau des meilleures productions du genre. Même si je n’ai pas trop aimé le look des « Mimics », des extraterrestres trop éloignés du genre humain à mon goût, et même si le dénouement est plus classique que le reste du film ; c’est de la SF à la fois musclée et cérébrale comme j’aime. A noter que la France est à l’honneur avec un plan sur le Président Hollande dans les informations TV au début et avec la pyramide du Louvre à la fin du film.
lundi 9 juin 2014
mercredi 4 juin 2014
Catwoman (2004)
Ce film de super-héros est un vrai nanar. Les personnages sont tellement ridicules que l’on finit par oublier les formes sexy des actrices dans leur tenue chic ou costume de cuir moulant. Bien que raté, le résultat s’avère involontairement drôle (le look sado-maso de la femme-chat, fouet et cuir compris). Les mouvements anarchiques de la caméra, les effets numériques assez moches (comme dans le « Vidocq » du même réalisateur), les dialogues grotesques, la musique braillarde : tout cela paraît bien brouillon. Les déhanchements félins et les prouesses physiques d'Halle Berry, ainsi que les quelques moments drôles du film (Halle Berry devant un aquarium plein de poissons exotiques et les sushis dévorés dans un restaurant, l'actrice sous la pluie, sa façon de « jouer » avec le policier etc.) n’y changent rien. Dommage, car l’idée de patrons meurtriers dans le milieu cosmétique suite à la découverte d’un produit néfaste pour la santé est dans l’air du temps. Curieusement, j’ai trouvé ce film moins ennuyeux que la franchise de Sam Raimi avec le célèbre homme-araignée.
Ma note : 4/10
La reine des neiges (2013)
Cette adaptation d’un conte d’Andersen (Disney varie ses sources) me conforte dans l’idée que nous vivons un nouvel âge d’or des célèbres studios. La renaissance a débuté avec « La princesse et la grenouille », un dessin animé classique sur la forme mais assez novateur sur le fond. Puis, on a touché la perfection avec le magnifique « Raiponce », un Disney visuellement révolutionnaire au scénario en béton (inspiré des frères Grimm). « La reine des neiges » est du même acabit. L’histoire allie modernité et tradition à l’image de la technologie utilisée. Les images de synthèse ne dénaturent pas le design qui a fait le succès des studios Disney depuis les années 30. Tout est fait pour réconcilier les fans de l’ancienne école et les tenants des images numériques. Le progrès technique a du bon. Par exemple, le rendu visuel de la neige est d’un réalisme jamais atteint jusqu’alors, tout comme celui de l’élément liquide dans « Raiponce ». « La reine des neiges » mélange habilement force des sentiments (la séparation des deux sœurs, l’exil), effets comiques (la personnalité de la princesse, le bonhomme de neige vivant, les trolls etc.) et spectaculaires (les pouvoirs magiques : une malédiction pour la malheureuse reine). L’amour, la magie et les belles chansons sont mis au goût du jour (femmes plus sexy et indépendantes, musique plus speed). En sus, on a droit à un passage délirant dans lequel un bonhomme de neige rêve d’une vie au soleil et même un twist final (plutôt rare chez Disney) concernant le méchant. A ce propos, en cherchant la petite bête, les méchants peuvent paraître ici relativement faiblards par rapport à d’habitude. Mais de par son contexte original (légendes nordiques) et sa puissance émotionnelle, « La reine des neiges » entre illico au panthéon des œuvres Disney.
lundi 12 mai 2014
Destination finale 3 (2006)
Franchement, je n’attendais rien de ce « Destination finale 3 ». D’ailleurs, je n’ai vu aucun autre épisode de la série. Et bien, j’avoue avoir flippé en regardant ce film très gore destiné aux adolescents. Ici, la Mort avec un grand « M » peut frapper à tout moment les survivants d’un manège à sensations. Le réalisateur filme avec minutie les petits détails qui vont entraîner l’accident tant attendu. Sauf que ce dernier n’intervient pas forcément au moment où l’on s’y attend. Même les protagonistes croient s’en être sorti… une seconde avant de mourir ! La tension est donc permanente. Les scènes sanglantes sont bien réparties dans le film. Elles ont le mérite d’être variées, originales et épouvantables (crâne déchiqueté par le ventilateur d’un moteur, tête éclatée par les poids d’une machine de musculation, corps brûlés dans des cabines de bronzage sous UV etc.). Je recommande vivement ce film à tous ceux qui veulent se faire peur.
X-Men : L'Affrontement final (2006)
L’histoire de ce troisième épisode de la série des X-Men (un traitement permet aux mutants de devenir des êtres à part entière à condition de sacrifier tous leurs pouvoirs) donne l’occasion de découvrir de nouveaux mutants aux capacités plus étonnantes les unes que les autres (Colossus/l’homme à la peau d’acier, Le Fléau et sa force brute, Angel/l’homme-ailé, Shadowcat/la jeune fille passe-muraille, l’homme-multiple, l’homme porc-épic et même une mutante qui devine les pouvoirs de ses semblables). La série évolue avec des choix scénaristiques parfois un peu brutaux mais assumés comme Mystique qui perd ses pouvoirs et devient une simple humaine ; la face sombre de Phénix qui ressuscite et s’avère être la mutante la plus puissante sur Terre ; la disparition de Cyclope ; la mort du professeur Xavier ; la perte des pouvoirs de Magnéto devenu un vieillard tout ce qu’il y a de plus banal, etc. Les mutants ont même un ministre en la personne du Fauve (bleu et poilu) au côté du Président des USA ! Les séquences d'action époustouflantes et les effets spéciaux spectaculaires (Le duel Phénix/Dr Xavier dans la maison en lévitation, le déplacement du Golden Gate Bridge) n'excluent pas les vrais moments d'émotion. J’ai éprouvé de la pitié pour certains mutants. Si la plupart d’entre eux ne considèrent pas leur mutation comme une maladie et donc rejettent l’antidote ; pour d’autres leur pouvoir est une malédiction qui gâche leur vie (Malicia). La scène d’avant-générique dans laquelle Angel, encore enfant, essaye de se couper les ailes devant son père médusé m’a ému. Sinon, le nouveau réalisateur respecte le style de la franchise (look des X-Men éloigné des costumes flashy de la BD, univers sombre, humour au compte-gouttes). Le scénario est parfois elliptique (la disparition de Cyclope n’émeut personne…). Enfin, le film risque de paraître fouillis aux yeux des nouveaux venus dans la série. Cependant, cet épisode est loin d’être superflu et clôture très bien la trilogie.
Fight Club (1999)
Ce film d’une grande violence physique et psychologique m’a laissé une impression de malaise. Sa complexité symbolique, la critique sans concession de notre société de consommation, peut rebuter. En fait, l’œuvre est légèrement prise de tête, peu divertissante mais marquante. « Fight Club » montre jusqu’où peut mener le nihilisme de notre société. L’absence de but dans la vie pousse certains individus à évacuer leur mal-être par la violence. Ici, le personnage principal se bat à mains nues au sein d’une confrérie secrète pour éprouver de la souffrance dans sa chair. Grâce à cela, il a l’impression d’exister et de se sentir vivant. De par son sujet et son ambiance, le film colle parfaitement au style de David Fincher. Le réalisateur fait preuve de beaucoup d’originalité visuelle (gros plans, incrustations à l’écran, etc.). Le duo Brad Pitt/Edward Norton est tout simplement parfait. Les dialogues sont aux petits oignons : « On fait des boulots qu’on déteste pour se payer des merdes qui ne servent à rien. », « On ne m’avait jamais baisée comme ça depuis l’école primaire. », « La capote, c’est le soulier de verre de notre génération. », etc. Les situations sont souvent absurdes comme le vol de graisse dans une clinique de liposuccion pour faire du savon (« Nous revendions aux femmes riches la graisse qui provenait de leurs culs. »). Malgré tout, il faut s’accrocher lorsque le film traîne en longueur, notamment à l’approche du dénouement. Mais la voix off au ton désabusé d'Edward Norton ainsi que les théories fumeuses, les répliques philosophico-pompeuses non dénuées de vérité de son « ami à usage unique » préféré, incarné par Brad Pitt (« Les choses qu’on possède finissent par nous posséder. », etc.) aident à maintenir notre attention jusqu’au bout de l’intrigue. La révélation finale (dédoublement de la personnalité) montre jusqu’où peut mener la folie. Le twist final est très bien amené. Bref, le film est d'une richesse intellectuelle et visuelle indéniable. Ce qui est rare au cinéma en cette période de formatage généralisé des esprits.
Ma note : 7/10
dimanche 4 mai 2014
Les oiseaux (1963)
Comme beaucoup de cinéphiles de ma génération, j’ai grandi avec les rediffusions TV des films d’Alfred Hitchcock. Je garde un très bon souvenir de cette période. A l’heure des changements de plan toutes les secondes, regarder Cary Grant discuter durant vingt minutes dans un restaurant ou suivre pendant un quart d'heure, de face et en plan fixe, James Stewart conduire une voiture le long d’une route serpentée (à l’époque c’était photogénique) peut dérouter le spectateur d'aujourd'hui. La photographie d’époque, très colorée, et la qualité de l'interprétation sont bien là. Dès la rencontre dans le magasin et l’achat du couple d’oiseaux (des « inséparables »), Alfred Hitchcock s’attarde sur la relation amoureuse entre ses deux personnages. Tout comme dans « Psychose » son autre film d’épouvante, la première partie n’a rien à voir avec le genre. D'un point de vue purement cinématographique, c'est du lourd. L’angoisse fait son apparition doucement, par petites touches jusqu’à la fin, abrupte, à déconseiller aux ornithophobes.
Ma note : 10/10
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